ZOOM sur le Château Premier à Romans-sur-Isère

Héritage architectural et histoires familiales

Certaines demeures racontent à elles seules une part de l’histoire locale, à travers leurs murs, leurs escaliers ou leurs façades sculptées.

Sur les hauteurs de Romans-sur-Isère, le château Premier, emblème de la Belle Époque, est l'une d'elles. Témoignage d'une époque et d'un style, son histoire est étroitement liée celle de la famille qui l'a possédé et au passé industriel de la ville.

Le château Premier à Romans-sur-Isère
  • La famille Premier

La famille Premier est à l’origine de la célèbre maison de liqueurs implantée à Romans-sur-Isère. François Premier (1809-1888), fondateur en 1829, apprend l’art des liqueurs à Grenoble avant de s’établir confiseur-liquoriste sous le nom de « Premier Aîné », place Fontaine Couverte puis dans la rue Saint-Nicolas. Son fils, Louis Philippe (1836-1908), crée la marque « Premier Fils » et perpétue la tradition familiale de l’absinthe.

L’absinthe est une plante aromatique de la famille des armoises, reconnue pour son parfum intense et sa saveur amère. Utilisée en décoction ou en extrait, elle produit une liqueur à 72° d’alcool, réputée pour ses propriétés médicinales et surnommée la « Fée verte ».

Après l’interdiction de l’absinthe en 1915, la famille Premier-Henry réinvente son activité et produit du pastis rue Saint-Nicolas à partir de 1922. Cette distillerie disparaît en 1955, année de la fermeture définitive de la Maison Premier sous l'effet de la concurrence des grandes marques.

  • Le château Premier : du domaine familial à un lieu d’enseignement

    • 1886 : Construction d’une grande usine dans l’actuelle rue Premier (en contrebas de l’actuel Lycée Saint-Maurice).

    • 1900 : Édouard Premier (3e génération de la Maison Premier) fait édifier une villa appelée « Château », qui domine la distillerie familiale.

    • 1915 : Fermeture de l’usine après l’interdiction de la production d’absinthe en France.

    • 1922-1955 : Reprise de la production (pastis) par les descendants Premier-Henry, rue Saint-Nicolas.

    • 1938 : Vente du château qui devient l’ « Institution de la Martinette», école libre pour jeunes filles (primaire et secondaire). Le château accueille les services administratifs ainsi que quelques chambres. Au deuxième étage se trouve l’infirmerie, comprenant la chambre de l’infirmière, une salle d’attente, un bureau de consultation médicale, trois chambres et des sanitaires. Cet aménagement du château demeure jusque dans les années 1960, avant un projet d’agrandissement.

    • 1948 : Installation de l’école ménagère agricole dans le château Premier, début du lycée agricole de La Martinette.

    • Aujourd’hui : Le château et son domaine accueillent le lycée privé Saint-Maurice.

  • Le Château Premier : un style néo-rocaille empreint de la Belle Époque

Le château Premier est un exemple remarquable d’architecture néo-rocaille, un style inspiré du 18ème siècle. La façade en pierre sculptée est ornée de coquillages, coraux, arabesques végétales et motifs dissymétriques tels que feuilles de chicorée et brande tordue, qui remplacent les ornements classiques.

Les balcons en encorbellement, les trophées sculptés, palmes et cartouches décoratifs animent les murs. De hautes baies cintrées, parfois en anse de panier, rythment la façade, tandis que la marquise de l’entrée incarne l’élégance et le charme caractéristiques de la Belle Époque.

Pour aller plus loin

Témoin du savoir-faire, du goût et des transformations sociales de son époque, le château Premier demeure un repère dans la mémoire collective des Romanais.

Pour aller plus loin, l’état des sources consacré à cet édifice est disponible :

  • En téléchargement ci-dessous

  • Ou en consultation en salle de lecture.

Cet instrument de recherche recense l’ensemble des documents relatifs à ce bâtiment conservés dans nos fonds. Il permet à chacun de connaître les sources permettant d’approfondir la découverte de ce patrimoine architectural et historique.

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